Un voilier: Six semaines / Six hommes / Trois femmes (3)

written by Lou on mars 19, 2014 in Australie and Voyages with 4 comments
Tu as aimé la première et la deuxième partie du récit de mon expédition de six semaines en voile sur les eaux australiennes? Depuis, tu rêves de partir à l’aventure, perdu au milieu de l’océan, la mèche éclaircie et la boucle rebondissante? Tu t’imagines déjà, la main sur le gouvernail, le pull nonchalamment noué sur épaules, le bronzage harmonieux et le regard fier du marin fixant l’horizon? Alors ce qui suit va t’intéresser…

Tourisme sur un voilier, mode d’emploi.

On me questionne souvent sur les modalités pratiques d’un voyage à longue durée en yacht. Puisque tu es curieux et que je n’aime pas me répéter, j’ai décidé d’écrire un article regroupant tout mon savoir (qui n’est pas infini, il peut tenir en quelques lignes).
(Oui, je sais, je te déçois, toutes mes excuses)
Donc, je disais, pour celles et ceux qui sont curieux, voici quelques informations supplémentaires concernant mon voyage les pieds dans l’eau.

Le prix.

Bien sûr, rien n’est fixe. Je parle ici uniquement de mon expérience personnelle et je ne me pose certainement pas en tant qu’experte de la navigation (rappelez-vous: j’ai le mal de mer!). Certains capitaines vous proposent en effet de voyager en leur compagnie gratuitement en échange de vos petits bras musclés. Dans mon cas, nous avions mis en place une caisse de bord: une participation commune recouvrant toutes les dépenses, hormis l’alcool. La somme fixée était de 25 dollars par jour.

Le nombre de personnes.

Nous étions neuf sur le bateau. Deux par cabines, dormant dans le même lit pour la plupart d’entre nous.

Les douches.

Il était usuel de nous laver une fois tous les trois jours (tu pourras en profiter pour t’initier au no-poo). Il est possible de prendre une douche express en cabine mais ce n’est pas conseillé. Les réserves en eau sont pauvres et les arrêts au port rares. Malgré tout, après une plongée, nous nous rincions à l’arrière du bateau.

L’organisation de la journée.

Les tâches étaient toujours effectuées à deux. On ne devait pas exécuter chacune des corvées dénommées ci-après mais uniquement deux d’entre elles, grâce à une rotation hebdomadaire.

Une journée typique:
7h30
 Steve sonne le glas. Ton doux sommeil bercé au rythme des vagues se termine en sursaut, une trompette t’irrite les oreilles.
Préparation du petit-déjeuner. En général composé d’œufs sur le plat et d’un toast. Choix de confiture, nutella ou Peanut butter. Ou encore de muesli. Café ou thé.
8h00 Débarrasser et nettoyer.
11h20 Préparation du déjeuner. Du pain, du fromage, de la salade, des tomates, du saucisson, des oignons, des avocats, du thon ou du saumon. Café ou thé.
12h30 Débarrasser et nettoyer.
13h00 et + Préparation et cuisson du pain.
15h30 Préparation du goûter. Des crêpes, des carottes crues, des dips, du céleri, un cake… Café ou thé.
16h30 Débarrasser et nettoyer.
19h00 Préparation du dîner. Corned beef, légumes et sauce blanche. Poisson et patates douces. Steak/salad. Poulet et légumes. Seafood marinara. Spaghetti bolo. Saucisses au curry et riz. Kanga bangas… Café ou thé.
21h00 Débarrasser et nettoyer.

En gros, sur un bateau, on mange. Et grâce à l’originalité de notre skipper, toutes les semaines le même plat.
S’ajoutent à cela les fonctions liées à la navigation, bien sûr, mais aussi, une fois par semaine: les lessives, les courses, l’approvisionnement en eau, le nettoyage du frigo et de l’entièreté du bateau.
Le vent, la marée et autres caprices maritimes non contrôlés ont évidemment la priorité sur ton agenda de ministre pointilleux. Nous nous sommes donc fréquemment appliqué en pleine nuit à lever l’ancre et larguer les amarres.

Les amarres, un terme de marin! Mais je n’y connais rien…

voilier

Oui, moi non plus. Et je ne pourrai pas t’être d’un grand secours, surtout que je te le rappelle, en Australie, ils parlent anglais. Néanmoins, pour conclure, voici rien que pour toi une liste non exhaustive de termes qui pourront empêcher ton capitaine de te balancer par dessus bord.

Abri : Là où le bateau et l’équipage sont en lieu sûr compte tenu du vent, de la houle et de l’accès à terre. Un jour, nous n’avons pas été à l’abri…
Affaler : faire descendre un objet ou une voile à l’aide d’un cordage. C’est le contraire de hisser. Hisse ého ! Matelot !
Amarre : ah, te voilà! C’est le cordage qui sert à attacher le bateau à un point fixe (quai, bouée, ponton, autre navire…) ou à le haler dans un port.
Amure : côté du voilier d’où souffle le vent.
Ancre : Instrument d’acier qu’on laisse tomber à l’aide d’une chaîne au fond de la mer (mouille), où il s’accroche de manière à retenir le bateau. Il y a plusieurs types d’ancres.
Appareiller : effectuer les manoeuvres utiles au départ.
Armement : ensemble de l’équipement qui est nécessaire pour partir en mer.
Arrondir : passer à bonne distance d’un cap, d’une bouée, en changeant de direction. Sous le coup de la colère, un petit matin, notre capitaine n’a pas bien arrondi ses angles. Je lui ai toujours dit: plus d’eau dans ton vin, mon cher Steve, plus d’eau.
Bâbord : côté gauche du navire pour un observateur situé face à la proue.
Balise : dispositif de signalisation fixe ou flottant, servant de point de repère ou indiquant l’obstacle à éviter en mer.
Barre : élément du gouvernail qui sert à la commande, elle peut être franche ou à roue.
Cabine : ma chambre. Bon, ok, la tienne aussi.
Cap : direction du bateau par rapport au nord, il est gradué de 0 à 360 (non inclus).
Carré : salle à manger du bateau, cinéma du bateau, salle de jeux du bateau. Bref, pièce intérieure du bateau.
Cockpit : partie creuse de la coque où se trouve le barreur. C’est là que l’on prenait nos repas, là que j’ai souffert en silence, agrippée aux coussins et espérant conserver mon quatre-heures bien au chaud dans l’estomac, là enfin où notre capitaine passait ses nuits.
Coffre : compartiment utilisé pour ranger le sac de ma colocataire. Forcément, le jour où notre cabine fut inondée d’une large vague vengeresse, seul celui-ci fut sauvé de la noyade inévitable.
Cordage : ensemble des filins textiles. Le mot corde n’est jamais employé, on parle de bout. Attention avec les superstitions dans un voilier. On ne rigole pas avec ça. Non, mais vraiment.
Déborder : écarter le voilier d’un obstacle.
Descente : passage entre le cockpit et l’intérieur du voilier. Précautionneusement, lorsque le bateau tangue.
Drisse : cordage servant à hisser les voiles. Hisse ého ! Matelot ! (ok, j’arrête).
Embraquer : tirer un cordage vers soi.
Foc : terme générique pour les voiles d’avant.
Gouvernail : ensemble des pièces servant à diriger le voilier.
Grand-voile : voile principale du voilier.
Mât : partie verticale du gréement maintenue par les haubans.
Mouillage : ensemble constitué de l’ancre et de sa chaîne. On dit mouiller pour jeter l’ancre.
Parer : préparer une manoeuvre ou éviter un danger en arrondissant.
Pare-battages : élément utilisé pour se protéger des contacts, que ce soit entre les coques de deux bateaux ou entre la coque du bateau et le quai. On ne m’a jamais laissé disposer les pare-battages, pourtant, j’aurais aimé. Monde sexiste.
Passavant : partie latérale du pont, pour passer à l’avant.
Tribord : côté droit du bateau vu du barreur. 

Crédit image: Transat, de Aude Picault.
 

Ose ta couleur!

A propos de l’auteur

Je suis Lou, une femme qui ne veut plus de sa tête mais de son corps tout entier. Et ce journal a pour mission de réhabiliter la féminité et l’érotisme dans ma vie, et la tienne. Si tu as aimé cet article, tu adoreras recevoir ma newsletter directement dans ta boîte mail. Inscris-toi vite et reçois un tout nouveau corps sexy, prêt à l’emploi!

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