Transmission orale + nouvelles technologies = ♥

written by Musa on février 7, 2013 in Oralité with 9 comments

Le plaisir de m’instruire, je m’en suis éloignée dès mon arrivée en secondaire

Plus jamais je n’ai lu, pas même les ouvrages imposés.
Plus jamais je ne me suis intéressée à l’histoire, la géographie, les sciences ou les langues.
Moi que les employées de la bibliothèque reconnaissaient de loin.
Moi dont elles se sont souvenues, quinze ans plus tard, lorsque j’y ai fait ma réapparition, presque par hasard.

Il m’a fallu tant d’années pour retrouver cette joie de l’apprentissage désintéressé.

Elle m’attendait patiemment, jusqu’à ce que je me rafraîchisse la mémoire.

Je ne me souviens plus quel a été l’élément déclencheur de cette reprise d’appétit.
Mais une chose est sûre, depuis, je n’ai plus lâché et pendant quelques années, je n’ai eu d’yeux que pour le livre.
Oh, pas encore la littérature, il y avait tant de subtilité à saisir en sciences humaines, je ne trouvais pas le temps.
Non, cette découverte-là, elle est toute récente et elle est délicieuse.
Mais nous y reviendrons plus tard…

POURQUOI LE LIVRE?

Je veux me sentir libre.
Pour combler cet intense appel de l’indépendance, je n’avais trouvé d’autres moyens que l’ouvrage écrit.
Je le feuilletais, l’abandonnais, le retrouvais, le déchirais parfois, le chérissais souvent et l’oubliais à l’occasion.

Mais vous êtes-vous déjà fait cette réflexion, chers autodidactes?

Je fais ce que je veux, quand et où je le désire, mais qu’en est-il de mon humilité, de mon rapport au monde?
Est-ce que je n’y perdrais pas un savoir en route, à force de vouloir tout prendre en main?

De plus, le livre a ses limites.
Bien sûr, votre imagination s’emballe, des connexions se créent et vous voilà enrichi à vie.
Mais le corps, lui, est un peu en reste.
Les oreilles, le toucher, le mouvement, la parole ; où peuvent-ils se cacher?

TRANSMISSION ORALE

Lors de mon séjour à Montréal, j’ai eu l’occasion d’assister à de multiples spectacles de contes ou d’improvisation.
Une taverne au coin de la rue, un festival glacé… tout était prétexte à renouer avec l’oralité.
J’ai alors commencé à m’intéresser aux mythes, aux symboles.
C’est si beau une histoire lorsqu’elle est bien racontée.
Mes meilleurs souvenirs d’enfance ou de voyages se déroulent souvent au coin du feu.
Des chants, une guitare, un récit fabuleux et le crépitement des flammes.
Ça suffirait presque, non?

Oui…
…et non.

La transmission orale, de bouche à oreilles, est merveilleuse.
On ne peut que faire le rapprochement avec le maternel, le féminin.
Comment pourrions-nous ne pas nous y sentir confortables?
Mais nous n’avons pas toujours dans notre entourage un narrateur surdoué, un mentor disposé à nous transmettre son savoir ou tout simplement une personne partageant nos passions.

Alors comment fait-on, pour retrouver cette oralité sans perdre la curiosité du monde?

NOUVELLES TECHNOLOGIES

Un jour, j’ai téléchargé mon premier podcast et de fil en aiguille, je me suis retrouvée à suivre des cours en ligne.
Sous forme de MP3 ou de vidéos, selon les sujets.

Ce fut une révélation.

Pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt?
Apprendre des autres. Apprendre aux autres.
En totale liberté.
A son rythme — quel qu’il soit, un peu trop rapide ou au contraire trop lent —, à emporter partout.
Suivre les meilleurs enseignants ou un inconnu du métro, découvrir de multiples pensées, profiter d’une véritable communauté, échanger, remercier, transmettre à son tour.

Je pense que l’avenir se trouve là, à un clic de souris.

Et vous, qu’en pensez-vous?
Préférez-vous le livre, la transmission orale ou l’usage des nouvelles technologies?

 

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